Review

Tribune de Genève
Avril 2000

Le Trio Takács plonge dans l’abîme romantique

CLASSIQUE Trois maîtres du XIX e siècle à l’honneur au Conservatoire.

Tel Janus, le romantisme offre de multiples visages. Jeudi dernier au Conservatoire, le Trio Takács en explorait dfférents aspects. Même si Beethoven ne fait pas vraiment partie des romantiques, il fut leur père à tous. Son Trio en mi bérnol opus 70/2 ne cède d’ailleurs en rien à ses condisciples tant sur le plan de la puissance que sur celui du lyrisme.

Œuvre enchanteresse

On admirera tout particulièrement. Le violoncelle de Péter Szabó qui parvient à rendre crédible sa partie plutôt en retrait dans cette pièce.
Le Trio No 2 de Félix Mendelsson offre une image du compositeur qui va à l’encontre des clichés habituels : loin de son coté aristocratique, l’ceuvre se révèle enchariteresse de par le cantabile toujours renouvelé de ses thèmes et la richesse de ses harmonies. Si la plus grande difficulté de la musique de chambre réside dans la notion d’équilibre, alors le Trio Takács maîtrise parfaitement son art tant la simbiose entre les musiciens apparait totale.
Œuvre tardive de Robert Schumann, le Trio No 3 renferme tout le génie déchiré d’un compositeur oscillant entre raison et folie. Toute cette partition n’est finalement qu’une immense course à l’abime qui cependant ne sort jamais de ses rails. L’univers de Schumann se trouve soudainement peuplé d’images fantasques. Une fois de plus, les artistes, en s’engageant corps et âme dans cette musique éprouvante, imposent une réelle vision – dans tous les sens du terme – du génie schumanien.

Yael Heche

Péter Szabó cellist, conductor, music editor
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